Médias et Culture

La liberté d’expression en France. Entre nouvelles questions et nouveaux débats, Mare et Martin, 2011, 364 p.

​La liberté d’expression est-elle bien ou mal assurée en France aujourd’hui ? Le traitement juridictionnel des uvres littéraires et artistiques a-t-il un effet réfrigérant sur la création ? L’incrimination des offenses religieuses et des opinions racistes, sexistes, homophobes, handiphobes est-elle une modalité de la démocratie des identités ou plutôt de la political correctness ? Pourquoi était-il vain d’attendre de la Cour de cassation qu’elle transmette au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité sur le négationnisme et le révisionnisme ? La concurrence des mémoires ne condamne-t-elle pas les juges et les législateurs à agrandir le nombre de vérités historiques notoires dont le droit prohibe la contestation ? L’interdiction de la publicité politique à la télévision n’est-elle pas devenue obsolète ? Les règles dites de maîtrise des antennes audiovisuelles n’aseptisent-elles pas le débat public à la télévision ? Ce sont autant de questions abordées ici en évitant la prémisse courante que sont les concepts de censure et de police des discours, parce qu’ils sont surchargés de connotations historicistes à partir desquelles il est difficile de rendre compte de ce que font, aujourd’hui, les juges et les autorités de régulation investis de prérogatives en matière de liberté d’expression. L’auteur prend donc au sérieux le système complexe et inédit de normes juridiques, de valeurs et de sensibilités à l’intérieur duquel sont résolus les problèmes et les litiges intéressant la liberté d’expression, étant admis que le caractère national de ce système de références juridiques, politiques et symboliques n’est pas annihilé par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Philosophie juridique du journalisme. La liberté d’expression journalistique en Europe et en Amérique du Nord (dir.), Éditions Mare et Martin, 2010, 360 p.

Formaliser l’originalité statutaire du discours journalistique au sein de la liberté d’expression, rien n’est moins aisé, compte tenu : de l’inscription des pratiques journalistiques dans des cultures nationales ; de la structuration de ces pratiques par des représentations professionnelles ; de la diversité de leurs supports formels (presse, audiovisuel, internet), de leurs objets (politique, économie, sport, mondanités, people, etc.) et de la singularité de certaines conceptions narratives (Gonzo Journalism, Narrative Journalism, New Journalism, etc.). C’est avisé de ces considérations que ce volume s’attache à rendre compte de la fabrique juridique de la liberté d’expression journalistique, ce à l’aune de la tension entre la préséance des juges dans l’État de droit et la centralité du journalisme dans la démocratie.

L’ordre public photographique (co-dir.), L’Harmattan, 2014.

Entre 2001 (âge d’or de l’argentique) et 2012 (primo-ère du numérique), l’on est passé de 84 milliards de photographies produites dans le monde à 850 milliards. Aussi, les questions juridiques soulevées par la photographie n’ont jamais été aussi nombreuses et ardues, au-delà du droit à l’image des personnes, du droit à l’image des biens, des interdictions de publier prévues par le droit pénal, de l’assimilation éventuelle des photographies à des données biométriques. Nombre de questions se rapportent ainsi à des enjeux de propriété. Il s’agit, bien sûr, du droit d’auteur, qui est interpellé par les milliards de photographies disponibles sur Internet, par certains genres artistiques comme l’Appropriation, par la reproduction photographique d’œuvres architecturales présentes dans l’espace public. Mais il s’agit aussi de la propriété des personnes publiques avec les menaces que font peser sur la préservation du patrimoine muséal les différentes formes de privatisation de la photographie dans les musées.

La régulation des médias et ses standards juridiques, Mare et Martin, 2011, 210 p.

Dans quelles circonstances la publication par un média d’enregistrements clandestins de conversations tenues en privé peut-elle correspondre à un motif prépondérant d’intérêt public ? Peut-on objectiver la promptitude ou la diligence de l’éditeur d’un service de communication en ligne en cas de publication de discours illicites sur son site ? De quelle indécence, de quelle obscénité la prohibition à la radio et à la télévision des gros mots, de la nudité et de certains discours et images relatifs à la sexualité est-elle la sanction ? La dignité de la personne humaine limitative de la publication de certaines images n’est-elle pas un substitut langagier et politiquement correct de l’indécence ? Peut-être ces standards juridiques, ces arbitraires légaux, ces notions à contenu variable éprouvés dans la régulation du contenu des médias sont-ils le creuset d’une sorte de théorie juridique de la réception médiatique promue par les autorités de régulation et les juges. Une théorie dont les figures archétypales sont l’individu moyen, le lecteur moyen, le public moyen, le spectateur moyen, le téléspectateur moyen ou l’internaute moyen dans la peau duquel les autorités de régulation et les juges disent se glisser, cette transmutation mentale étant supposée les dispenser du paternalisme politique, moral ou esthétique qui caractérise pour sa part la « censure ».